
Photographie de Nygård prise à partir de la rue Fjellveien en 1885,
peu avant la grande avancée urbaine. L’Hôtel Park se trouve
au bout de l’allée partant de l’étang Lille Lundgårdsvann
(tout à fait en haut, à gauche). Photo : K. Knutsen

Vue ancienne prise depuis la rue Nygårdsgaten,
au bas de la colline de Nygårdshøyden

L’hôtel Park en 2008,
dans toute l’authenticité de son style victorien.
Bergen aux temps qui virent naître l’urbanisme
L'une des cours royales les plus anciennes de l’époque viking, l’Alrekstaðir, était implantée près du site de la future Bergen. C’est d’ici que les rois - Harald à la Belle Chevelure, Håkon le Bon et Olav Kyrre (« le Tranquille »), pour ne citer qu’eux - gouvernèrent le pays pendant de longues périodes. Fondée par Olav Kyrre en 1070, la ville de Bergen reçut d’emblée le statut de capitale, qu’elle devait conserver jusqu’en 1314. Même une fois passée au second rang derrière Kristiania (la future Oslo), Bergen demeura la ville la plus peuplée de Norvège, jusqu’en 1830. Elle a gardé jusqu’à une époque récente son rôle de centre commercial et international le plus important du pays. De nos jours, Bergen est la destination touristique la plus fréquentée en Norvège.
Du XIVe siècle jusqu'à 1750 environ, Bergen fit partie des comptoirs de la Hanse, dont le réseau commercial couvrait tout le Nord de l’Europe. Le Quai hanséatique - « Bryggen » - témoigne de cette époque.
Bergen connut un essor considérable entre 1880 et 1910. Toute une série de villas victoriennes furent construites, sur le modèle de ce qui se faisait alors à Berlin, Copenhague et Stockholm, dans la partie Nord du quartier de Nygårdshøyden, où se trouve l’Hôtel Park. Plus on avance vers le sommet de la colline, plus les maisons, alignées le long d’allées larges et élégantes, sont fastueusement décorées. Vers 1890, les alentours du parc étaient essentiellement habités par l’élite bourgeoise de la ville.
Notre hôtel se trouve dans la rue Harald Hårfagresgate, à deux pas du Nygårdspark. Le bâtiment principal, construit en 1890, était à l’origine la demeure de l’une des familles les plus en vue de la ville. Achetée en 1897 par le Consul Conrad Mohr (1849-1926), elle resta dans sa famille jusqu’à 1974. Les Mohr étaient du reste très liés à Edvard Grieg et son épouse Nina. Aux alentours de 1900, le Consul et le compositeur s’engagèrent et travaillèrent longuement ensemble sur un projet de création d’une salle de concerts à Bergen. Cette salle ne devait voir le jour qu’en 1978, bien longtemps après la disparition des deux amis, avec l’inauguration de la « Grieghallen », construite dans la partie basse du quartier de Nygård, en contrebas de l’hôtel Park.
Après le tournant du vingtième siècle, la maison de la rue Harald Hårfagresgate a hébergé pendant de longues années un foyer pour femmes seules, dirigé par la Fondation « Agnete Mohrs Minde ». Sa transformation en hôtel remonte à 1974. L’établissement a été repris en 1979 par la famille Klohs, qui a su lui imprimer une personnalité particulière, tout en conservant le caractère historique du bâtiment, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.
Le second bâtiment de l’hôtel, situé de l’autre côté de la rue, fut construit 1880 par un négociant du nom d’Eilert Engelsen, qui y résida longtemps avec son épouse, leurs six enfants et une gent domestique conséquente. À une époque plus récente, il a appartenu à l’Université de Bergen, avant d’être acquis en 1997 par la famille Klohs, qui en a tout naturellement fait une annexe de l’hôtel. Ce bâtiment a été totalement rénové et aménagé dans le style scandinave moderne, avec des chambres vastes et lumineuses. Au dernier étage, une suite attend les clients qui souhaitent ajouter à leur séjour, quelle que soit sa durée, une touche d’agrément supplémentaire.
L’hôtel Park fait désormais partie des « Hôtels et lieux de restauration historiques », au nombre desquels on compte des manoirs, des maisons bourgeoises, de grandes propriétés, des bâtisses en bois de dimensions diverses, style « chalet suisse » ou Art Nouveau, d’anciens relais de poste transformés en auberges romantiques, etc. Cette passion des lieux anciens, alliée à celle de l’hospitalité, est avant tout ce qui caractérise ces établissements dits « historiques ».
